La fabrique de la « haine »

Ne nous voilons pas la face. 

Notre société, autrefois encline à l’émancipation, l’équité, l’égalité, la liberté, la compréhension, l’ouverture sur autrui, la curiosité et la « fraternité » (tous ces mots n’ont jamais été, réellement plein mais ils étaient présents), glisse subrepticement vers le repli sur soi, l’égalitarisme, le racisme, l’outrage permanent, l’indignation, la vanité et l’absence de sens. 

Il existe de multiples exemples : les dérives des « féministes« , les dérives du néo-libéralisme, la dictature identitaire, le succès du rappeur « antisémite » Freeze Corleone, les échanges tendus dans les manifestatins de gilets jaunes, les clashs sur les réseaux….

Je ne suis ni sociologue, ni anthropologue. Mais pour comprendre les tenants et les aboutissants, il est nécessaire d’observer ces mouvements de « haine » au niveau mondial et de déterminer ce qui nous est à tous commun.

1 – Internet

En 1989, au Centre européen de recherche nucléaire, un chercheur britannique nommé Tim Berners-Lee invente différents systèmes destinés à simplifier l’utilisation du TCP/IP, notamment l’adresse et URL et le langage html. C’est la création d’internet.

30 ans plus tard, le marché s’est développé. Et les chiffres sont impressionnants. Nous sommes 7,79 milliards sur terre, 49% utilisent les réseaux sociaux. Au niveau mondial, on dénombre :

  • 5,15 milliards de mobinautes (66 %)
  • 4,57 milliards d’internautes (59 %)
  • 3,96 milliards d’utilisateurs des réseaux sociaux (51 %)
  • 3,91 milliards d’utilisateurs des réseaux sociaux sur mobile (99 %) (chiffres agence We Are Social et Hootsuite, avril 2020).

    Le roi des réseaux, c’est Facebook : 2,701 milliards d’utilisateurs actifs par mois. Puis viennent :
  • YouTube : plus de 2 milliards
  • WhatsApp : plus de 2 milliards
  • Messenger : plus d’1,3 milliard
  • WeChat / Weixin : 1,203 milliard
  • Instagram : 1,082 milliard
  • TikTok : 800 millions
  • QQ : 694 millions
  • Sina Weibo : 550 millions
  • Qzone : 517 millions
  • Reddit : 430 millions
  • Pinterest : 416 millions
  • Douyin : 400 millions
  • Kuaishou : 400 millions
  • Telegram – 400 millions
  • Snapchat : 397 millions (estimation)
  • Twitter : 326 millions (estimation)
  • Douban : 320 millions
  • LinkedIn : 310 millions
  • Skype – 300 millions

En France, les chiffres sont tout autant importants. 

  1. Facebook : 46,9 millions de visiteurs uniques par mois, et 28,1 millions par jour
  2. YouTube : 45,3 millions de visites uniques par mois, et 17 millions par jour
  3. Instagram : 28 millions de visites uniques par mois, et 11 millions par jour
  4. Whatsapp : 24,4 millions de visites uniques par mois, et 9,6 millions par jour
  5. Snapchat : 19,3 millions de visites uniques par mois et 13,6 millions par jour
  6. LinkedIn : 16,8 millions de visites uniques par mois, et 2,7 millions par jour
  7. Twitter : 16,7 millions de visites uniques par mois, et 2,7 millions par jour
  8. Pinterest : 13 millions de visites uniques par mois, et 1,9 million par jour

Le temps moyen de passage sur les réseaux sociaux est de 2,22 heures par jour.

Et je ne parle pas de google
Google, c’est magique !

Faites l’expérience : ouvrez google et tapez « le réchauffement climatique c’est… » (ou Macron est…. – si cela vous parle plus). Les suggestions qui apparaitront n’arrivent pas par hasard. Elles dépendent uniquement de vos précédentes recherches, de votre lieu de localisation, des cookies acceptés etc. Vous n’aurez pas forcément les mêmes résultats que vos collègues et amis.
Et quel en est le résultat?
Toutes vos recherches correspondent à vos centres d’intérêts, vos affinités, vos publicités, vos achats. Google veut capter votre attention et va donc privilégier les informations qui vous plaisent le plus.

Bonne nouvelle : vous ne pouvez pas être contrarié.

Mauvais nouvelle : Vous ne vous confrontez plus au monde !

Vous vous complaisez dans VOTRE monde.

Seulement, votre monde, n’est pas mon monde. Et nos mondes ne sont pas LA vérité.

Ce documentaire vous expliquera mieux que moi : ici.



En réalité, il n’y a que Wikipédia qui soit le même de vous à moi. C’est la seule plateforme qui n’utilise pas de publicité. Car toute cette merde vient de la pub. Dans la Sillicon Valley, le dicton le plus connu est : « si vous n’avez rien à acheter, c’est que c’est vous le produit ».

Revenons aux réseaux.

Quelle est leur implication sur notre vie commune?

Il en existe cinq.

a – L’addiction : Tout comme l’alcool, la drogue, jeux vidéo, sexe… Les réseaux altèrent la lucidité (2,22 heures par jour !). Le Pr Dar Meshi – Université du Michigan (Etats-Unis) – estime que le comportement des consommateurs « d’opioïdes, de cocaïne et d’amphétamines obtiennent les mêmes résultats : leur mécanisme de prise de décision est altéré de la même façon que les accros à Facebook ».

b – La polarisation : Il est maintenant possible d’exister dans une bulle médiatique hermétique qui renforce nos convictions et ne nous expose que très peu à l’autre côté de la médaille. Je dirais même qu’il est de plus en plus difficile de faire autrement. La mauvaise nouvelle est que cela ne va pas changer tout seul parce que ce phénomène est enraciné dans la psychologie humaine et amplifié par les algorithmes qui régissent le monde virtuel.

Le besoin d’appartenir à une communauté est inscrit dans nos gènes et a joué un rôle important dans l’évolution de l’espèce humaine. Le côté pervers de cette tendance mène au tribalisme : une vision du monde divisée en un endogroupe (la communauté à laquelle on appartient) et en un exogroupe (les autres).
C’est ainsi que, petit à petit, des gens sont « pour le féminisme » ou contre « le féminisme » dans des manifestations où l’on vous demande de « pendre » « Darmanin » et « Dupont-Moretti », sans distinction sur les faits qu’on leur incrimine, sans nuances. Le monde est noir ou blanc. Pas de place pour les teintes de gris.

c – La radicalisation : Par radicalisation, je parle de discours de rupture. Il y a bien sur le terrorisme, mais pas que… Un radicalisé peut prendre plusieurs formes : terroriste, indigéniste, écologiste (ou autre) etc. Le processus est toujours le même. On se connecte à un réseau (au hasard facebook). Facebook nous propose des groupes d’amis, des suggestions de lieux etc. La stratégie de contact se fait toujours à partir de marqueur sémantiques utilisés par des recruteurs pour construire une stratégie d’approche, d’accroche, de séduction numérique. Petit à petit, l’individu s’isole consciemment ou inconsciemment. Puis, il y a une situation d’apprentissage qui engage le sujet dans un abandon volontaire de son jugement personnel et l’ancre dans un monde engagé.

C’est le rôle des fake news ! Les fake-news, via google, facebook, twitter etc conforte l’individu dans sa propre vérité.

C’est drôle quand même…

d- La vanité : Pour la théologie chrétienne, la vanité amène l’homme à trouver qu’il n’a pas besoin de Dieu. Il s’agit d’une sorte d’auto-idolâtrie : le vaniteux rejette Dieu car il peut compter sur lui-même. La vanité, en effet, est l’un des péchés capitaux (et qui engendre d’autres péchés). Là, ce n’est pas bien compliqué à comprendre. Avec la polarisation, la radicalisation, il parait normal que « J’AI » raison. « J’AI » la VERITE. Et Je vais te l’apprendre.

e – Le culte de la personnalité : Comme partout, il faut « idolâtrer » des figures. C’est ainsi que toucher à Eric Zemmour, Assa Traoré, Freeze Corleone, Caroline de Haas, Macron, les « maires écologistes » etc provoque des myriades de contestations irraisonnées sur les réseaux (polarisation). Il faut être pour ou contre (radicalisation). La confusion se répand comme une trainée de poudre. Et parfois, les idéologies les plus nobles s’effondrent face à une marée humaine de bêtise. C’est ainsi que, Nicolas Bedos, finit par déclarer que nous ne sommes plus Charlie du tout et que le droit au blasphème, c’est terminé.

Résultat : les réseaux rendent idiot. Politiquement, les extrêmes l’ont bien compris! C’est comme ça que Bolsonaro a pu mettre en place une vaste opération de désinformation en s’appuyant sur les 120 millions d’utilisateurs de Whattsapp. Mais il n’est pas le seul ! Donald Trump, Vladimir Poutine, Marine Le Pen, Xi Chi… Tous ont un point commun : les réseaux.

Quels effets à court terme?

Les anciens de la Silicon Valley (ex Facebook, Twitter, Instagram, etc) ne voient pas la vie en rose. Beaucoup imaginent la guerre civile et dans les 20 ans, la fin du monde tel qu’on le connait.
La guerre civile a déjà commencé. Les affrontements entre les noirs et les forces de l’ordre aux USA. Les tensions « identitaires » en France, Italie, Ukraine, Biellorussie, etc. Les gilets jaunes. Tout cela n’est que le début.

2 – La mondialisation

Là, on est bien d’accord, le sujet est complexe.

Je ne vais pas entrer dans la polémique.

« Le capitalisme est déconnecté de l’économie réelle, qui n’existe plus que pour lui-même. » Moi

Mais alors, comment comprendre et vulgariser son mode de fonctionnement? C’est plus complexe qu’une chronique sur BFMTV qu’une émission politique. Pour combattre ses dérives, il faut les comprendre. Et personne ne veut vulgariser ces concepts. Car les vulgariser, c’est ouvrir la porte de pandore.

Prenez le temps d’écouter ces documentaires absolument passionnants sur Arte : Travail, salaire, profit, emploi, marché, capital. C’est long, mais vital. Ils vulgarisent à merveille ces problèmes (ne les regardez pas tous d’un coup, ça fait beaucoup – les liens sont en hypertexte sur le nom du docu). Commencez par Travail (si vous êtes ouvrier ou entrepreneur) ou Emploi (pour les salariés).

Marché : Forts d’un discours théologico-économique, ils en font un dieu incontestable. Pour les libéraux, le marché a toujours raison. Mais de la guerre commerciale à la guerre entre nations, il n’y a qu’un pas…

Travail : Certains mots sont d’un usage si courant qu’on finit par les utiliser sans en interroger le sens. Comme celui de « travail ». Depuis la nuit des temps l’homme travaille : une activité qui n’a pourtant pas cessé d’évoluer depuis le paléolithique. Qu’est-ce que le travail aujourd’hui ? Est-il devenu une marchandise ? Qu’achète-t-on sur le marché du travail ? Pourquoi et comment est apparu le Code du travail ?

Emploi : Le travail et l’emploi apparaissent souvent comme deux termes interchangeables. De façon ordinaire, aujourd’hui, c’est l’emploi qui est le plus souvent utilisé pour désigner le travail… Seraient-ils de faux jumeaux ? Étude des incroyables transformations du management contemporain, ainsi que de l’invention de l’autoentrepreneuriat comme forme moderne de l’emploi.

Salariat : « Le salaire est la somme d’argent que le capitaliste paie pour un temps de travail déterminé ou pour la fourniture d’un travail déterminé. » Cette citation de Marx est-elle encore valide aujourd’hui ? Après le salaire de subsistance et le salaire différé, l’on voit apparaître les notions de revenu universel ou de salaire à vie. Serait-ce la fin du salariat ?

Profit : D’où vient l’argent ? Au cours de l’histoire les thèses se sont succédées sans parvenir à conclure. Le profit est un concept fuyant. Pour Marx il était le produit d’un vol, le capitaliste volait au travailleur une part de son travail ; pour Milton Friedman, Prix Nobel d’économie, accroître les profits était l’unique responsabilité des entreprises. Entre l’enjeu financier et l’enjeu social, la querelle demeure.

Capital : Comme tous les concepts économiques, le capital a une histoire ; une histoire singulière que l’on peut raconter de bien des manières. D’autant plus que la signification de ce terme s’est transformée au rythme du changement des modes de production… Plutôt que de faire une théorie du capital, la situation contemporaine de l’économie ne nous invite-t-elle pas à faire une théorie de l’actionnariat ?

« La série documentaire Travail, salaire, profit nous entraîne dans les arcanes de l’économie mondiale, jugée bien souvent trop opaque pour en saisir tous les tenants et les aboutissants. L’étude de cas, didactique et passionnante, est pourtant salutaire, à l’heure d’une crise massive du capitalisme, notamment via son avatar contemporain, le néolibéralisme, rejeté en bloc par une grande partie de la société. Après Jésus et l’islam, avec Jérôme Prieur, et Mélancolie ouvrière, Gérard Mordillat, accompagné de l’économiste Bertrand Rothé, signe une réflexion creusée et lucide sur cette « nouvelle religion contemporaine« , via le témoignage d’économistes renommés, dont Frédéric Lordon et David Graeber. »

3 – La perte de sens dans nos quotidiens

Vous vous souvenez de John Maynard Keynes? L’économiste inventeur de l’Etat providence. La SECU est une émanation de sa philosophie économique.

Bref, Keynes prédisait que d’ici la fin du siècle, les technologies auraient fait suffisamment de progrès pour que nos pays puisse instaurer la semaine de 15 heures de travail. Oui : PAR SEMAINE !

Il avait raison. Sur le plan technologique, nous en sommes capable. Mais cela ne s’est pas produit. Pourquoi? Parce que le travail est une valeur morale et politique bien plus que économique. La classe dirigeante a compris qu’une population heureuse et ayant du temps libre est un danger mortel. Une population qui pense, c’est pas très bon pour les affaires. C’est vrai quoi ! Franchement, l’Iphone 22 qui fonctionnera en 6g et permettra de cuire une pizza, on s’en fout un peu non?

Donc, selon l’anthropologue David Graeber, c’est ainsi que bullshit job ont été créés. Il a tracé une définition précise de ce type d’emploi ou de travail : Un job à la con est « une forme d’emploi rémunéré qui est si totalement inutile, superflue ou néfaste que même le salarié ne parvient pas à justifier son existence, bien qu’il se sente obligé, pour honorer les termes de son contrat, de faire croire qu’il n’en n’est rien ».

En gros, il met dans cette catégorie de boulot, tous les gens qui ne contribuent pas à un besoin essentiel et vital à la vie de la nation et qui travaillent peu. On y retrouve différentes catégories comme des boulots administratifs (privé ou public), des managers, des employés de bureau, de vendeurs, des télévendeurs, comme les lobbyistes, les avocats d’affaires… Posez-vous la question : est ce que votre poste est utile? Contribue-t-il à créer une valeur pour le monde dans lequel nous évoluons? Personnellement, je me la pose continuellement. Mon job est intrinsèquement utile mais la façon dont il est organisé relève du bullshit.

« Il n’est pas rare de voir des postes très haut placés et prétendument essentiels rester inoccupés pendant des mois, voire plus, sans que cela produise d’effets notables, y compris à l’intérieur même de l’organisation. Ces dernières années, la Belgique a traversé une série de crises constitutionnelles qui l’ont temporairement privée de gouvernement : pas de Premier ministre, pas de portefeuille de la santé, des transports, de l’éducation… Bien que ces périodes de vacance du pouvoir aient parfois été exceptionnellement longues — le record s’établit pour l’instant à 541 jours —, on n’a noté aucun impact négatif sur la santé, les transports ni l’éducation ». David Graeber

Il estime qu’entre 30 et 40% de nos emplois n’ont pas de sens. Paperasse illimitée, déplacements indus, réunions sur réunions, « présentiel » pour valoriser des supérieurs hiérarchiques etc… Le fait est qu’il a raison. En observant autour de moi, beaucoup de mes amis critiquent leur taches quotidiennes.
(je mettrais ce passage à jour de temps en temps)

Etre payé pour un travail « allégé », voir sans sens, c’est plutôt cool en fait non?

On pourrait le penser. Personnellement, j’ai créé énormément de choses pendant mes heures de boulot (ce blog y compris). Excepté que… L’esprit humain est complexe. Etre embauché pour un boulot, c’est un contrat. Ce contrat c’est : l’achat de votre temps (ce qui est aberrant) contre votre savoir faire. Or, dans ces jobs, on vous traite comme si vous étiez utile , où vous êtes censé faire croire que vous l’êtes, tout en sachant parfaitement qu’il n’en n’est rien.

Ce n’est pas seulement une agression contre votre égo, cela ébranle les fondations même de votre sentiment de soi. L’employé, ou travailleur est privé d’avoir un impact significatif sur le monde.

Car être obligé de faire semblant de travailler juste pour dire qu’on travaille est terriblement frustrant. Cette exigence est perçu, à raison, comme une démonstration du pouvoir pour le pouvoir. Si jouer à faire semblant est la plus pure manifestation de la liberté humaine, être contraint de simuler le travail est la plus mure manifestation de son absence. Prenez les esclaves et les prisonniers. Dans le passé, lorsque les cotonniers étaient en phase d’attente agricole, on occupait les esclaves par des taches insignifiantes afin de les empêcher de se rebeller. Il ne faut jamais analyser l’histoire en fonction du prisme de la « contemporainité ». En l’occurence, la transposition fait sens.

« Je ne te paie pas pour ne rien foutre ».

Que signifie cette phrase? Dans la bouche d’un employeur, il s’agit ni plus ni moins d’une indignation. Celle d’un employeur se plaignant d’un salarié dont il paie le travail. Le salarié à donc accepté de « vendre son temps de vie » en échange d’une rémunération. Dans la logique de l’employeur (et dans le cadre d’un bullshit job), « je ne te paie pas pour ne rien glander » raisonne non pas comme un danger, mais comme un délit ou un crime, plus précisément : un vol.

Il existe de multitudes d’exemples idiots. Mais je vais retranscrire l’exemple de Clarence (p.161 de Bullshit Job de David Greaber).

« J’ai bossé pour une grosse boite de sécurité internationale comme gardien de musée. Dans l’un des endroits où j’ai été envoyé, il y avait une salle d’exposition inutilisée de manière quasi permanente. Mon boulot consistait à surveiller cette pièce vide pour m’assurer que personne ne touche le… eh bien, le rien qu’elle contenait, ou n’y mette le feu. pour garder mon esprit affuté et mon attention aux aguets, on m’interdisait toute forme de stimulation mentale – livre, téléphone etc.
Concrètement, comme aucun visiteur ne mettait jamais les pieds dans cette salle, je restais assis sept heures et demie par jour à compter les mouches en attendant un hypothétique alarme incendie – auquel cas je devais me lever calmement et sortir. C’était tout ».

Conclusion

Il serait facile de dire qu’une économie mondialisée, où les travailleurs sont interchangeables d’une nation à l’autre, et dont les taches dénuées de sens, les pousseraient à s’échapper de la façon la plus immobile qui soit (internet) seraient la base de la déchéance nos sociétés. Et pourtant… Les liens semblent facile à élaborer.

Beaucoup d’articles sur mon blogs tournent autour de ces notions.

La xyloglossie ou la langue de bois décrypte le langage utilisé par le pouvoir.

Qu’est ce qu’un sureffiscient mentale démontre l’impossibilité du copier-coller dans les entreprises. Il existe des spécificité humaines non prises en comptes et qui détruisent les hommes. Le monde du travail s’y intéresse peu.

La conjuration des gros cons (article écrit alors que j’étais super vénère) reprend le glissement absurde de nos hôpitaux vers une mort programmée, avec preuves à l’appuie, les reponsabilités de nos dirigeants.

Lettre à l’institutrice de mon fils avait pour but de démontrer (de façon amusante et véridique) l’incapacité de l’école à prendre en compte les différences pour atténuer et étouffer les souffrances. Aucune tête ne doit dépasser.

Dans la tête d’Emmanuel Macron Alexandre Benalla – Un gilet jaune – Un complotiste – Florian Philippot : s’inspirait du risible Benalla et de toute la scène théâtrale tournant autour du garde du corps du président. Derrière cela, il y a une critique de l’absurdité de notre mode de fonctionnement.

Les plus positifs pourraient penser qu’avec un peu d’intelligence, nous pourrions nous en sortir indemne.
Je ne le pense pas.
L’IA développé dans les réseaux ne peut pas prendre en compte la complexité de l’esprit humain et de sa psychologie.
Les politiques et les élites (je parle des énormes fortunes pas de ceux qui gagnent 10.000 euros par mois) ne veulent pas que le système financier change.
La polarisation va s’accentuer (regarder les USA par exemple) et la violence en sera l’apogée.
Si nous n’y prenons pas garde, ce qui nous guette, à court terme, dans les 10 prochaines années, c’est la guerre civile basée autour de la religion, le climat, la finance et d’autres vanités.

Il ne s’agit pas de pessimisme. Réfléchissez deux minutes au calme.

Comment une société créant un panel de jobs stupides ou dévitalisés peut-elle corrompre en toute impunité les valeurs morales d’individus devenus une marchandise à bas-coûts? Quels en seraient les effets à terme? Maintenant, imaginez une société abêtie dans ses propres dogmes, clivée, jugeant son voisin au travers d’un seul prisme? L’injustice ressentit par tout un pan de la société ne peut que se déverser sur les réseaux. Pourquoi? Parce que l’homme est un animal sociale et qu’il se définit, entre-autre, au travers de son rapport à l’autre. Enfin, prenez la mondialisation, l’explosion des communications, de l’exode des industries, de la dévalorisation des savoirs-faire, de l’abêtissement des politiques déconnectés de la réalité, des dividendes et des profits redistribués à des actionnaires sans tenir compte du labeur de ceux qui font la richesse d’une entreprise, les travailleurs… Cela ne peut donner naissance qu’à un désordre moral, des politiques injustes et la volonté de reconquête.

J’entends déjà des voix s’élever : je serais communiste ou pro-Mélenchon. Je veux tordre le cou à cette idée. Je ne suis ni l’un ni l’autre. Les clivages politiques sont des raccourcis pour « ranger » une idéologie du côté des méchants ou des gentils. Du coup, j’entends déjà les autres hurleurs « c’est un macroniste ». Absolument pas. Un « écolo » ! Non plus. « PS » alors? Je absolument suis contre le communautarisme et je déteste la religion.

Je sais, c’est pessimiste mais est ce réaliste…. Oui.

Existe-t-il des solutions?

Oui!

Les alcooliques, les fumeurs, les joueurs invétérés vous le diront : la seule solution c’est le sevrage. Une désintoxication psychique et physique. Désapprendre les gestes et surtout, éviter de chercher l’approbation des autres au travers de pouces levés ou de coeurs (Instagram, Twitter…). C’est dure d’arrêter la clope. Fumer un paquet, c’est 20 cigarettes. Avec un temps de pause de 2 minutes par cigarette, c’est 40mm d’addiction physique par jour (pour une personne qui fume un paquet).
Avec les réseaux, on parle de 2.22h. Il s’agit donc d’une « belle paire de manches » à retrousser.

La mondialisation? Il existe aussi des solutions. Mais elles sont complexes. Il faudrait redéfinir le capital et le profit. Travaille-t-on pour une entreprise ou pour soi? On travaille d’abord pour soi dans une entreprise. Il doit y avoir du sens et surtout, une redistribution des richesses. Doit-on créer un revenu universel? Un revenu à vie? Si l’on considère que les entreprises peuvent s’automatiser de plus en plus rapidement (avec la 5G), alors le travail ouvrier deviendra à terme obsolète. Il faudra bien nourrir cette catégorie humaine. Il en sera de même pour beaucoup de postes. Il faut donc redéfinir les notions de travail, d’emploi, de capital, de profit et trouver une place adéquat à l’humain là-dedans.

Vous me voyez arriver avec mes gros sabots.

Travailler 15h par jour. Pourquoi pas… Et gagner plus en travaillant plus. Pourquoi pas… Si cela a du sens.

Je suis né en 1976. Ma génération est celle du divorce, du Sida, de la mondialisation, de l’internet, de la pollution, du chômage de masse, des migrations, de la fonte des glaces, du féminisme, de l’explosion du numérique, des voyages à outrance, du téléphone portable etc. Les sociologues nous définissent comme la génération désenchantée. Celle qui vit la peur au ventre et qui culpabilise. Nos responsables politiques prônent toujours les mêmes remèdes. Et ils ne marchent JAMAIS. La réduction de la dette (culpabilisant), baisser les charges (culpabilisant – les charges sont les employés), l’augmentation des taxes (détournée) etc. Il faut changer de remèdes. Ils ne marchaient pas pour nos parents, ils ne marcheront pas pour nous. Keynes avait peut-être raison. En défendant une sorte de revenu universel, Thomas Picketty avait peut-être aussi raison. Il faudrait repenser notre contrat social.

Et si… Et si nous faisions preuve de bon sens?

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