La mort de la laïcité?

L’époque est à la confusion, la division et la violence.

Le repli sur soi, le rapport à soi au détriment du collectif.

La faute au smartphone ? Aux costumes sur-mesure ? A l’égocentrisme exacerbée ? Au culte du Moi ? A la télévision ? Aux publicités ? A internet ?

Des personnalités publiques estiment que Cyril Hanouna devrait mener les débats présidentiels. Les néoféministes seraient les victimes d’« outrages » ancestraux d’hommes (blancs de préférence) et dont la chef(fe) de fil, Caroline De Haas, utilise les méthodes de «cancel culture» et adopte les slogans de l’intersectionnalité.

Des Français d’origine étrangère se prennent pour des « black panthers » hexagonales et fondent leur idéologie sur un amalgame tyrannique et destructeur qu’est la croyance d’un combat similaire à celui des noirs-américain. Leur chef(fe) de fil? Assa Traoré, une militante antiraciste française, encensée par les Américains, et dont la famille « serait » la victime répétée du comportement violent des forces de l’ordre (pour le moment, la justice ne leur a pas donné raison et beaucoup de membres ont un casier judiciaire bien rempli).

Face à ces cohortes d’invectives morales et publiques, la société civile tente d’embrayer en inventant des concepts fallacieux mais idéologiquement concordant avec ces injonctions.

La laïcité, longtemps oubliée dans les débats, a ressurgit dans le débat ces derniers mois. Je ne parle pas de n’importe quelle laïcité. Je parle de la laïcité à la Française.

Pour comprendre, la laïcité, il faut définir la République.

La République

La République est le rassemblement de citoyens qui décident en commun de leur destin. Il distingue l’espace public de l’espace privée, là où l’on peut cultiver son identité et développer ses croyances. L’espace public est un lieu de délibération public, où nous sommes tous égaux. Nous dépassons nos croyances personnelles pour définir le Bien commun.

La laïcité, c’est le principe qui garantit la neutralité de l’espace public afin qu’aucun groupe ni aucune personne ne puisse détourner le Bien commun de son but.

La laïcité, ce n’est pas la multiplication des intérêts privés qui définissent le Bien commun, mais l’Etat, l’émanation de la volonté du peuple dans son entièreté. On met en avant ce qui nous rassemble et non pas ce qui nous oppose. Certains signes religieux sont autorisés à partir du moment où ils restent discrets.

La laïcité : est-ce si important ?

« Porter le hijab, c’est mon choix ». « Il faut le respecter ». « Je veux plaire à Dieu et être en accord avec moi-même ». Sur internet, ces phrases sont pléthores. La laïcité permet à chaque personne croyante d’affirmer sa religion dans la sphère privée. La laïcité est une garantie pour quiconque, musulman, bouddhiste ou autre, d’être véritablement libre. C’est-à-dire de ne jamais être enfermé ni dans sa religion, ni dans sa condition, de l’embrasser par choix et non pas par naissance. La laïcité, c’est la liberté de choisir. Or, ce principe de liberté vient se heurter aux intérêts de toutes les forces identitaires ou religieuses qui cherchent à reconquérir le pouvoir sur les individus.

La laïcité est une vieille dame. Elle est séculaire. Elle est devenue implicite. A tel point que nos politiques en confondent le sens. L’implicite devient un brouillard dans les esprits à force de naviguer avec.

Au contraire, la religion est précise, méthodique, claire. L’islam, depuis 1930 et l’apparition des Frères Musulmans est dans une phase de reconquête des musulmans, non seulement dans les territoires ancestraux, mais également dans les territoires où ils se trouvent.

La laïcité à la française, c’est la promesse de l’émancipation des individus, de leurs épanouissements et choix éclairés. A la place de cette promesse, nos politiques de tous bords ont joué la carte de la compromission et des accommodements. Pourquoi ? Prenez la culpabilité postcoloniale, la mauvaise gestion de l’immigration, des ghettos dans les banlieues, un « racisme compassionnel » et vous obtiendrez un mélange des genres propice à la destruction d’un principe datant de 1905.

(En relisant ces mots, j’imagine la tête du lecteur borné ayant l’amalgame facile. Il pourrait affirmer que je suis raciste ou proche du RN… Il n’en n’est rien).

La laïcité victime du néolibéralisme?

Souvenez-vous. Au lendemain des attentats contre Charlie Hebdo, les présidents du monde entier se sont déplacés pour marcher place de la République en hommage aux journalistes abattus par une bande de connards. Tous? Non. Barack Obama ne s’est pas déplacé. A la place, il a affirmé que les États-Unis traitaient mieux leurs immigrés et qu’un tel attentat n’arriverait pas chez eux (euh… Ils n’ont pas eu un souci avec des avions?).

Pourquoi dit-il cela?

Les États-Unis se biberonnent au communautarisme. Leur modèle ? Comme toujours depuis les années 80, le néolibéralisme économique. La fragmentation, c’est leur dada. La volonté de tout individu se fond dans l’idéologie environnementale. On ne prend pas en compte sa capacité à se rétracter grâce à des outils annexes. On laisse faire. Comme en économie…

« Je fais ce que je veux avec qui je veux en m’habillant comme je le veux ».

L’ethnicisassions, c’est l’oppression.

La laïcité permet d’obtenir un environnement dans lequel les volontés sont déresponsabilisés.

La laïcité est un projet d’une extraordinaire modernité dans un monde où l’aliénation se repend aussi vite que le Covid.

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