Echange entre Patrice Quarteron et un fan de boxe

Patrice Quarteron, champion du monde de boxe Thaï, s’entraine dans une salle publique.

Joshua Bellinger, un jeune débutant en boxe, regarde son idole s’entrainer.

Les deux hommes racontent leur rencontre à leurs amis respectifs.

Joshua Bellinger : Salut les gars, désolé de mon retard !
Patrice Quarteron : Salut les gars, désolé de mon retard !
Joshua Bellinger (exultant): Il m’est arrivé un truc formidable !
Patrice Quarteron (déprimé): Il m’est arrivé un truc horrible.
Joshua Bellinger : J’ai rencontré Patrice Quarteron. Il frappait dans un sac de boxe à côté de moi. Toute cette puissance… C’était incroyable ! Je n’ai pas osé montrer mon admiration. J’ai fait comme si de rien n’était.
Patrice Quarteron : Un fan m’a reconnu. Il n’arrêtait pas de me mater.
Joshua Bellinger : J’ai voulu lui montrer de quoi j’étais capable. J’ai frappé mon sac comme un taré. J’ai même failli le décrocher !
Patrice Quarteron : Ce type giflait le sac avec le plat de la main enfoncé dans son gant. On aurait dit qu’il battait du linge.
Joshua Bellinger : Il ne s’attendait pas à autant de technique de la part d’un amateur.
Patrice Quarteron : Ma soeur fait moins de chichi en fessant son mec.
Joshua Bellinger : J’ai retiré mon tee-shirt. Depuis que je fais des pompes le matin, j’ai un torse de rêve. Il était abasourdi par ma musculature.
Patrice Quarteron : C’était affreux ! Il s’est déssapé. Il avait le corps d’un rescapé d’Auschwitz. On voyait ses cotes. C’était dégoutant.
Joshua Bellinger : Je transpirais. Ca huilait mon corps. Ca faisait ressortir mes pectoraux.
Patrice Quarteron : Il dégageait une puissante puanteur de transpiration. Ca m’a mis les larmes aux yeux. J’ai dû faire une sorte d’allergie. On aurait dit qu’il se nourrissait de détritus, de viande avariée ou d’oignon périmés.
Joshua Bellinger : Il était terriblement ému par ma condition physique. Puis, j’ai hurlé de toutes mes forces en balançant un puissant front-kick dans le sac. Patrice s’est arrêté pour me regarder.
Patrice Quarteron : J’ai entendu un cri féminin horrible. J’ai cru qu’il s’était démit les hanches.
Joshua Bellinger : J’avais capté son attention.
Patrice Quarteron : Il geignait en se tenant la jambe.

Joshua Bellinger: Il m’admirait.

Patrice Quarteron: Jamais vu un con pareil.
Joshua Bellinger : Je lui ai demandé si il voulait faire un petit entrainement avec moi.
Patrice Quarteron (imitant une voix de looser) : Il m’a dit « euh désolé Patrice, je suis un super fan, on pourrait s’entrainer un peu ensemble? ».
Joshua Bellinger : J’ai tout de suite senti qu’il était partant. C’est rare de trouver un sparing-partner dans cette salle.
Patrice Quarteron : J’ai voulu dire non, mais une fille nous filmait. Je n’ai pas voulu passer pour une « star ».
Joshua Bellinger : J’ai mis les gants.
Patrice Quarteron : Même si il n’avait pas l’air bien costaud, j’ai mis les protections.
Joshua Bellinger : J’ai commencé à frapper de toutes mes forces.
Patrice Quarteron : Ce mec n’y connait rien. Il faisait le tour de mes protections pour me toucher ! Il a commencé à vouloir me donner des coups dans tous les sens.
Joshua Bellinger : Quand je boxe, je suis un félin doublé d’un ours possédant toute la puissance militaire de l’armée russe.
Patrice Quarteron : Il est terriblement efféminé. Il devrait se mettre à la danse.
Joshua Bellinger : Je l’ai forcé à se concentrer au maximum de ses capacités. Je le rendais fou !
Patrice Quarteron : Pendant qu’il me chatouillait, j’ai pu terminer ton article du « Monde » sur « La brique, « métaphore de l’être humain » », que tu m’as envoyé.
Joshua Bellinger : Il a tenté de faire des vidéos pour capter mon style et s’en inspirer.
Patrice Quarteron : La référence de ce rectangle d’argile, « trait d’union entre l’homme et la technique », m’a vraiment fait réfléchir.
Joshua Bellinger : Les gens ont commencé à nous observer.
Patrice Quarteron : Heureusement qu’il n’y avait personne…
Joshua Bellinger : Il y avait une fille.
Patrice Quarteron : …Sauf une fille.
Joshua Bellinger : Une beauté ! Elle n’avait jamais du voir autant de courage de la part d’un homme. C’est vrai que notre combat c’était un peu David contre Goliath. Elle me prenait en photo sans arrêt.
Patrice Quarteron : Elle sortait tout droit de The Walking Dead, mais le type n’arrêtait pas de la fixer. Il faisait exprès de mal serrer son gant qui s’envolait dans sa direction. Elle était saoulé. Elle lui ramenait gentiment. Quand il la remerciait, de la morve giclait de son nez et arrosait cette pauvre nana.
Joshua Bellinger : Je frappais si fort que je devais m’arrêter pour m’éponger le torse avec ma serviette.
Patrice Quarteron : J’ai compris d’où venait l’odeur quand il a commencé à s’essuyer le corps avec une serpillière.
Joshua Bellinger : Patrice n’en pouvait plus.
Patrice Quarteron : J’en pouvais plus.
Joshua Bellinger : Alors, je lui ai balancé une phrase bien senti et je lui ai mis un front-kick dans la tête !
Patrice Quarteron : C’est un cinglé! Il m’a dit : « Les noirs savent courir, mais ils ne savent pas sauter ». Puis, là, il a tenté un salto-arrière avant de tomber lourdement sur sa nuque.
Joshua Bellinger : J’ai bien failli le mettre KO.
Patrice Quarteron : Il aurait pu finir tétraplégique. J’ai hésité entre appelé les pompiers ou partir en courant. Mais il s’est relevé. Je lui ai proposé de faire une pause.
Joshua Bellinger : Il était crevé, il a voulu faire une pause.
Patrice Quarteron : ça ressemblait à un suicide .
Joshua Bellinger : J’ai dit « pas besoin ». A la place, je lui ai proposé d’échanger de rôle. J’avais envie de m’entrainer à parer ses coups.
Patrice Quarteron : Le type a voulu que je le frappe rien que pour impressionner la nana.
Joshua Bellinger : La fille nous observait. Je sentais son regard dans mon dos ainsi que son désir sexuel s’immiscer jusqu’au plus profond de mes entrailles.
Patrice Quarteron : Elle me faisait de grand signes. Elle voulait que je lui casse la gueule.
Joshua Bellinger : J’ai retiré mes gants et j’ai mis mes protections.
Patrice Quarteron : Je n’avais aucune envie de le frapper. Il était frêle et psychologiquement fragile.
Joshua Bellinger : Je lui ai dit, « frappe de toutes tes forces, je ne crains rien si ce n’est le courroux de Dieu ! »
Patrice Quarteron : Il m’a dit « frappe pas trop fort ».
Joshua Bellinger : J’ai arrêté tous ses coups.
Patrice Quarteron : Je lui ai pété le nez.
Joshua Bellinger : On a dû arrêter l’entrainement parce que je me suis fait mal au nez en tombant par terre. Mes lacets se sont défaits.
Patrice Quarteron : J’ai finalement dû appeler le médecin de la salle.
Joshua Bellinger : A la fin de l’entrainement, la fille m’a prise dans ses bras.
Patrice Quarteron : Il a foncé vers la fille et s’est essuyé le visage ensanglanté sur son tee-shirt blanc immaculé.
Joshua Bellinger : On va se revoir. Nous sommes devenus de bons copains désormais.
Patrice Quarteron : J’ai rendu ma carte d’abonnement. Les salles collectives, c’est pas pour moi.

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