Paris : un printemps confiné – Retour sur l’écrivain et l’écrivant – texte+vidéo – Masterclasse

Message clé : « Il faut distinguer I’écrivain et l’écrivant. »

Pourquoi c’est important :  » Il faut saisir la différence entre le journaliste et I’écrivain pour ainsi passer du littéral au littéraire « 

Conseils à retenir : 

  • Chaque fois que vous êtes en face d’un texte cherchez I’écrivain derrière l’écrivant.
  • Retrouvez vos sensations d’enfance, lorsque vous appreniez des mots, l’enfance est plus littéraire que l’âge adulte, percevez et cultivez ce plaisir d’enfance.
  • Apprenez par cœur de beaux textes pour apprendre comment la musique s’organise, et vous saisirez alors la matérialité du texte.

Ecrivant

En pleine journée, Paris est vidé de ses bruits, de ses foules. Bucolique, presque serein. Les fleurs, les insectes, le printemps. Après plus de cinq semaines de confinement, le contraste est marquant avec le bouillonnement d’avant. Saisissant aussi avec la réalité souvent angoissante du virus.

Près du Panthéon, plus de touristes, mais quelques rares passants. Le soleil brille et tenues sont estivales, mais des masques couvrent certains visages. Le Covid-19 n’est jamais loin.

Les rideaux des nombreux restaurants du quartier latin sont baissés. La saison touristique et ses cohortes de visiteurs attendra.

Comme tous les jardins publics, les Tuileries sont fermés. Les statues y sont seules et majestueuses.

Devant la Pyramide du Louvre, l’esplanade respire. Le cordon délimitant la file d’attente quasi-permanente de visiteurs a été retiré. Plus qu’avant, les monuments deviennent visibles.

Sur la place de la Concorde ou près des quais de Seine, plus de bruit de moteurs ou presque, mais des chants d’oiseaux. Le Trocadéro aussi est désert. Depuis l’esplanade, selon l’heure, la Tour Eiffel change de visage. Eblouie par le soleil ou à contre-jour, elle domine le Champ-de-Mars, dont la pelouse, qui n’est désormais plus piétinée, est intacte.

Sur la Seine, l’eau n’ondule presque plus. Les bateaux mouche sont à quai. 

Plus au nord, à Montmartre, c’est aussi l’accalmie. Au pied du Sacré-Cœur, plus de selfies, ou d’apéritifs improvisés sur les marches. La place du Tertre et sa fourmilière de peintres et de badauds est comme figée. Les seuls passants sont des habitants du quartier.

Les arcades de la rue de Rivoli sont vides et près de Notre-Dame, les bouquinistes des quais de Seine sont fermés. Sur l’esplanade de l’Hôtel de ville, quelques personnes déambulent. L’odeur non plus, n’est pas la même. Tout semble au ralenti.

Ici et là, on croise pourtant quelques « fraudeurs du confinement »: une jeune femme qui prend le soleil sur une pelouse, un skateur au dessus des voies de la SNCF et un joggeur sur le pont des Arts alors qu’il est passé 10h et pas encore 19h. Ils sont peu nombreux. Un peu partout, des policiers font respecter les nouvelles règles.

Sur l’autoroute A13, qui dessert l’ouest parisien puis la Normandie, d’ordinaire bondée, le circulation est fluide comme un dimanche au mois d’août. Au loin, mieux que jamais, on distingue la silhouette de la Tour Eiffel, sans son manteau de pollution.

Ecrivain

Avec le confinement, Paris s’est assoupie. Cinq semaines que son ventre a cessé de digérer les va-et-vient de ses habitants. Chacun chez soi et le Covid-19 sera bien gardé. 

Contrairement à son habitude, la ville est silencieuse. Près des glycines en fleurs, on perçoit sans peine le bruit monotone et sourd des bourdons et le chant des oiseaux. Plus bas, le cliquetis de l’eau sur le quai Conti. Peu de voitures sur les voies sur berge. 

La pesanteur de la pollution, saturée d’âcres effluves, est devenue tolérable. 

Paris déserté offre un spectacle d’aurore et d’origine. 

La lumière transcende la vision, comme si les bâtiments s’étaient départis d’un voile quasiment imperceptible à l’œil nu. 

La tour Eiffel n’a plus le même visage. À contre-jour, le fer puddlé devient noir, massif. A 10 heures, la Dame de fer aspire la lumière et projette son ombre sur le pont de Iéna déserté de ses bouchons. À 14h, on aperçoit, entre ses jambes, le Champ-de-Mars, dont la pelouse intacte et touffue est livrée à elle-même. 

Le Trocadéro aussi est désert. Un fourgon de police est stationné. Les contrôles s’effectuent calmement, comme si il fallait préserver le silence. 

Sur la Seine, l’eau n’ondule que lorsque des goélands ou des canards viennent s’y poser. Les bateaux-mouches sont à quais. Ils attendent désespérément d’hypothétiques touristes confinés chez eux. 

Les parcs publics sont fermés. Au Luxembourg, un horticulteur taille la branche folle d’une haie pour lui donner un aspect « à la Française ». Au jardin du Carrousel, entre les Tuileries et le Louvre, les statues d’Aristide Maillol livrées à elles-mêmes subissent les offenses des pigeons. À leur côté, une Parisienne bronze dans l’herbe. De la musique plein les oreilles, elle « fraude le confinement ». 

Les arcades de la rue de Rivoli sont vides. Les palaces fermés. Près de Notre-Dame, les bouquinistes ont dissimulé leurs trésors dans leurs coffres-forts verts. Sur l’esplanade de l’Hôtel de Ville, quelques personnes déambulent nonchalamment. 

Le confinement ralentit le pas. 

La Pyramide du Louvre respire. Les touristes et leurs selfies incessants sont loin. Les longues files bruyantes d’attentes ont disparu. Les vendeurs à la sauvette se sont volatilisés. 

Plus au nord, à Montmartre, c’est aussi l’accalmie. Au pied du Sacré-Cœur, une dizaine de policiers ont remplacé les apéritifs improvisés sur les marches. Ils ont conquis la butte. Aucun promeneur ne se risque à les approcher. Un peu partout, les forces de l’ordre font respecter les nouvelles règles. La place du Tertre a perdu ses peintres et ses musiciens. Les passants sont des habitants du quartier. 

Face au musée Dali, un père et son fils jouent au foot. 

Surréaliste. 

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