Quand Dieu devient l’opium du peuple

Mes chers enfants,

Très tôt, un homme vêtu d’une robe s’est penché sur vos berceaux pour vous enseigner les prêches d’un monarque blanc. Ce monarque possède la virulence d’un vibromasseur, mais confond les autres gardiens des temples par la grande humanité de ses pardons et de la tentative de Rédemption des crimes commis par ses pairs.

En se penchant sur vos berceaux, il a ôté à l’enfant l’aube et lui a donné la nuit. En vous pourchassant durant vos études, il a inoculé aux jeunes intelligences la vieillesse des préjugés.

Un moulin à prière est venu parasiter votre rapport direct à Dieu. Car si Lara Fabian existe, Dieu aussi.

Le Très-Haut n’a pas besoin qu’on passe, pour le vénérer, par une caste de domestique de chasuble obligés, pour vivre, de s’offrir à heure fixe, en spectacle dans sa demeure.

Il n’a pas besoin qu’on s’adonne rituellement à une dérisoire pantomime de cérémonie anthropophagique. L’affront de Dieu n’est pas un blasphème. Mais les pratiques oppressives et exploiteuses de l’Eglise, cette Société Anonyme, s’est assurée de l’exploitation de la marque sur laquelle elle touchait ses dividendes.

L’Eglise est une mascarade qui consiste à confier à des eunuques ignorants le soin de crédibiliser, à force de singeries hypnotisantes, un enfilage infantile de contes de fées. L’infaillibilité Vaticane n’existe pas.

La religion n’est pensable que sur les ruines des autres, une fois que les marchands d’opium et d’illusions, de reliques et d’amulettes, de brocantes et de légendes aient été chassées de tous les temples. Les Mollah sont drogués par leur propre délire, les imams allumés, les prêtres abonnés à « soutane et duralex » et les rabbins ont un crédit chez Lagardère.

Nul n’a le droit de s’approprier l’essence originelle. Donc, toutes les religions sont le fruit d’un hold-up. Un fou de Dieu est un tueur à gage qui a intériorisé son parrain. Par conséquent, le Coran et la Bible sont criminogènes.

L’Eglise n’est pas le loyer à acquitter au ciel. Jésus disait : aimer ; l’Eglise dit : payer.

Jeudi, à 19h30 sur terre, des couples s’étaient blottis l’un contre l’autre, des femmes donnaient le sein à des nouveaux nés, un savant éteignait la lumière d’un labo avant d’aller se coucher en Amérique du sud, un homme croisait le regard d’une femme avant de la voir disparaître dans le wagon du métro parisien… et j’écrivais ce texte horriblement ironique sur le ciment des peuples. Sur ce prodigue qui nous permet de transformer le vide en lumière, « d’extraire la raison de la déraison, non pas d’accéder à la réalité mais de produire toujours plus de réalité. Il nous donne la force de survivre dans un monde plongé dans le chaos, coincé entre l’inconcevable et l’absurde, de nous affranchir de nos terreurs et de transcender nos angoisses.

Aujourd’hui, les dogmes s’effritent, chacun customise sa croyance, élabore sa cosmogonie personnelle. Des catholiques croient en la réincarnation, des juifs ressourcent leur compréhension de la Torah par la médiation bouddhiste, les techniques soufi côtoient les mythes des aborigènes d’Australie, des chants d’amour de l’Islam sont interprétés par des hindouistes, la quête d’alchimie, la ronde des esquimaux et les animistes se mixent.

C’est ça le XXIème siècle : une cacophonie mystique, un bric-à-brac sacré, le grand self-service de la religion.

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