De l’art de mourir

Un homme arrive à l’hôpital avec une jeune fille qu’il vient de rencontrer. Il lui tient la main. Sur le lit, la mère de l’homme. Elle va très mal. 

Homme à la femme: reste ici, je reviens dans deux minutes. 
Femme décontenancée : tu vas où?
Homme: je vais voir le médecin. J’ai besoin de voir son dossier médical. 

Il part. La femme se retrouve face à la mère qui se meurt. 

Mère (lui tient la main) : Lisa… Lisa… Tu as mauvaise mine. 
Femme gênée : Non, moi c’est Marie. Lisa c’est l’ex-femme de Christophe. 
Mère : C’est trop tôt. 
Femme : Je suis bien d’accord. C’est notre premier rendez-vous. Il est tout juste séparé.   C’est trop tôt pour rencontrer la famille. 
Mère : Je ne veux pas mourir 
Femme : Ah… Oui évidemment… On parlait de ça. 
Mère : Je meurs.
Femme survoltée: non, non. Attendez qu’il revienne!
Mère : Dites à Christophe que sa sœur n’est pas sa sœur. C’est sa mère. Dites lui, ou je n’irai jamais au paradis 
Femme choquée: Quoi? 

La mère meurt

Femme : Comment? Non, non attendez! 


Christophe entre dans la pièce


Homme : Oh mon dieu! 
Femme: Je suis désolé.
Homme : 80 ans… 
Femme gênée : Elle ne faisait pas son âge.


Il pleure


Homme : Bien sûr… Physiquement, une riche de 80 ans c’est une pauvre de 99 ans. 
Femme: Euh… Je comprends ta peine. 
Homme : Il va falloir s’occuper de la cérémonie d’enterrement, de la succession, des manoirs… 
Femme (intéressée) : Des manoirs?
Homme (le regard perdu): Oui. Maman était une portugaise deuxième génération. Elle adorait travailler. Elle avait fait fortune. Que serait notre pays si notre économie ne pouvait pas arnaquer les ploucs?
Femme : Oh…. peut-être pourrais tu m’aider un peu alors. Cela me dérange de te demander cela alors que le corps de ta maman tressaute encore (plan sur une jambe qui bouge à cause d’un spasme nerveux) 
Homme : Que puis je faire?
Femme : Je dois envoyer un peu d’argent à la ferme. Les porcs se reproduisent trop vite et menacent de briser la barrière de séparation menant au domicile familial. 
Homme : C’est embêtant. 
Femme : Oui. Ils obéissent à leurs instincts. Ce sont des bêtes compréhensives. D’autant qu’elles comprennent plus ou moins l’allemand. 
Homme se redressant: Je suis germanophobe. Il est hors de question que je t’aide. (Il se durcit) par ailleurs, je tenais à t’informer que je mets fin à notre relation immédiatement. Cela n’à rien à voir, mais parler de porcs et d’allemands sur le corps de maman… Je ne le sens pas. 

Femme se lève. Elle prend son sac. Au moment où elle ouvre la porte, la sœur de l’homme entre. 

Femme : Ah au fait, ta maman m’a dit quelque chose avant de partir. Je lui ai promis de te le dire : ta sœur est ta mère. Ce qui fait de ta mère ta grand mère. Finalement, tu n’es plus orphelin. Profite de ta chance. Auf widerzen 

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