Musique du vendredi 12 juin 2020

Avant de découvir Nina Simone à l’âge de 23 ans, je n’écoutais jamais de musique avec des voix de femme. Par goût des voix rocailleuses, de la tension, de l’énergie. Donc, avant 23 ans, j’étais un ignare, inculte et péremptoire. Excepté que Nina n’a rien de calme, de joyeux ou de léger. Cette femme porte en elle un combat. C’est une guerrière. Vers 29 ans, j’ai hébergé un ami. Il est resté vivre un an et quelque sur mon canapé-lit. Tous les soirs, je lui ai fait écouter Sinnerman (de loin, le titre que j’ai le plus écouté de ma vie).
Un très bon souvenir.

Quand des architectes élaborent de la musique, cela donne Pink Floyd. Waters, Gilmour et bien sur Syd Barrett, trois génies dont l’histoire commune a permis l’avènement de différents styles musicaux. Sur l’album Division Bell, Pink Floyd sort High Hopes, un titre dont le texte parle des choses que l’ on peut avoir perdu et gagné dans la vie, écrit du point de vue de Gilmour. Le titre débute sur un son de cloche d’église sonnant un « C » tout au long de l’ exception d’une courte section au milieu où la chanson brièvement dans E module mineur pour un solo de guitare. Une sorte de métaphore du temps qui passe. Puis, il y a les paroles  » Beyond the horizon of the place we lived » : la description d’un lieu et d’un temps passé adoubé par « when we were young/in a world of magnets and miracles » et donc la nostalgie de la jeunesse. Le reste du texte ne fait qu’accentuer cette réflexion sur le passé : « Our thoughts strayed constantly and without boundary » (l’enfance permet de se perdre dans l’imagination). Bref : « The grass was greener » et on se prépare à un évènement grave (« The ringing of the division bell had begun« ). Bien évidemment, on ne peut pas parler de High Hopes sans évoquer le solo de guitare final qui mêle l’électrique puis l’acoustique : on se perd dans le temps pour finalement retrouver l’essentiel.

High Hopes est raconté par un Gilmour âgé. Il met en scène un vieux qui tente de transmettre son histoire. Son enfance où tout fut merveilleux. La difficulté de grandir. De juguler son ambition et son désir sans cesser d’essayer de s’améliorer.

High Hopes, comme beaucoup de titre des Pink Floyd, touche l’âme de son auditoire.

Nous sommes tous des funambules. C’est vrai quoi ! L’équilibre est fragile. C’est un bric-à-brac de couleurs, d’odeurs, de ressentis, de pression atmosphérique, de regards, de champs de vision, de sommets à perte de vue, de pizzas froides, de neiges éternelles. Tout est lié. Et soudain, la musique, en mode aléatoire, te dépose un titre sans parole, vaporeux, qui correspond tout à fait à l’instant. Et soudain, l’instant devient intangible. Il te marquera à jamais.

A ce moment, ce fut Dusk to Dawn puis Nevergreen d’Emancipator.

Kanye West a du talent pour transcender la musique.


L’une de ses plus belles réussites fut « My Beautiful Dark Twisted Fantasy » avec le glorieux « Power« . A la fin de l’album, on trouve cette pépite : « who will survive in America« . Le rappeur a samplé un titre de Gil Scott Heron : The revolution will not be televised. En 2020, après le meurtre de George Floyd, ce titre datant de 2010 n’a jamais été si contemporain. (« Us living as we do upside-down / And the new word to have is revolution / People don’t even want to hear the preacher spill or spiel »)

Quand on parle des Fugges, on retient « Killing me softly« , « Ready or not » ou bien « No Woman no cry« . On retient la superbe, l’incomparable et la talentueuse Lauryn Hill. Mais on oublie Praz et Wyclef. Les Fugees étaient capable de mêler rap, soul et reggae en la mixant avec leurs influences caribéennes.

En 1994, on découvre Blunted on Reality, et l’incroyable Vocab qui démontre l’étendu de leurs talents.

Bruce Springsteen, c’est gamin de Freehold, New Jersey, issu d’un milieu ouvrier pauvre, devenu chanteur parce qu’il aimait la gestuelle de Presley et l’âme de Dylan. Ses chansons sont des portraits de l’Amérique profonde. Il dépeint parfaitement les affres de ses contemporains. Il joue avec son Band qui viennent pour la plupart, eux aussi de Freehold.
Lors de sa tournée en France en 1985, il fit un chèque de 10.000 dollars au bureau des aides sociales de Saint-Etienne. La ville était sinistrée par la crise économique. Manufrance venait de fermer. Il embaucha des chômeurs pour assurer la sécurité du concert.

Si le personnage vous intéresse, regardez « Springsteen on Broadway« , ou bien écoutez les podcasts de France culture ou mieux, lisez sa biographie.
Selon Spotify, Bruce est l’artiste de ma « décennie ».

On a tous des artistes maudits du genre : on les écoute et il vous arrive une saloperie.

Pour ma part, cela s’avère totalement vrai dès que j’entends Stan d’Eminem et Since i’ve been loving you de Led Zepplin. Il n’empêche : ce sont deux artistes fondateurs pour moi. Led Zep, c’est toute mon enfance. La musique dans les garages chez les potes. La découverte des fondateurs du « Heavy métal » avec des guitares merveilleuses aux sonorités blues. Eminem m’a fait aimer le rap alors que franchement, j’étais fermé à ce style musical. Le rappeur de Détroit est l’artiste qui a vendu le plus d’album entre 2010 et 2020. Dr Dre a découvert Eminem alors qu’ils vivaient tous dans le même coin paumé.

Eminem est un troll. Ses textes regorgent de haine, de rage, de sarcasme et d’humour.

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